Trois livres sur le monde de l’édition

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Pour mieux écrire, il faut lire. C’est indispensable, nécessaire, salutaire etc. C’est pour cela que Graffigny propose régulièrement des conseils de lecture.

La présente sélection s’adresse en particulier aux auteurs déçus qui ont envoyé leur manuscrit à de grandes maison apparemment insensibles à leur talent, aux éditeurs fatigués de faire office de psy pour ceux qu’ils publient, et plus généralement à tous ceux qui sont suivent de près la proclamation des Goncourt et autres prix littéraires. 

Mémoires d’un snobé, Marin de Viry

Le snobisme inhérent à certain milieu littéraire est étrillé d’une manière superbe par un Marin de Viry très en forme. On y croise Houellebcq, un désir insatiable de sortir de l’anonymat et des éditeurs épinglés dans leur lâcheté. Si vous pensiez que la publication d’un premier ouvrage vous permettrait d’embrasser paisiblement une carrière bien bordée, vous allez déchanter. Un petit livre cousu de méchanceté et pavé de rires.

* Pierre-Guillaume de Roux Editions, 2012 – 18,50 euros

L’homme surnuméraire, Patrice Jean

A la lecture du premier ouvrage de Patrice Jean, vous suivrez les tours et détours que prend l’édition, son cynisme comme ses aspirations profondes. Une manière très fraîche d’aborder tous les personnages que l’on trouve dans ce microcosme caricatural que l’on appelle « maison d’édition » ou « maison de fous » – selon son humour. De la stratégie du patron qui cherche le buzz à l’hypocrisie de l’intellectuel qui voit dans son gagne-pain l’occasion infinie de tourner en ridicule ses congénères, tous les portraits sont finement campés et délicieusement acides.

* Rue Fromentin, 2017 – 20 euros

Le voyant d’Etampes, Abel Quentin 

Ce roman qui figure dans la sélection du Goncourt 2022 campe le portrait d’un universitaire alcoolique et fraîchement retraité qui tente de « se réinventer ». De l’univers des bookstrameurs (influenceurs littéraires) à la tentation, pour les écrivains, de tout faire pour « passer le mur du son » – c’est-à-dire être lu, l’anti-héros Jean Roscoff entraine le lecteur dans le jugement sans appel de toute une génération à la dérive. Grinçant et réjouissant à la fois. 

* L’Observatoire, 2021 – 14,99 euros