Trois livres pour les amateurs de capes et d’épées

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La présente sélection s’adresse à celles et ceux pour qui lecture rime avec évasion, aventure et aussi une certaine grandeur. Le roman, vous ne le concevez pas comme un hors d’œuvre délicat que l’on picore, savourant çà et là un mot bien choisi ou une phrase bien tournée. Bien au contraire, vous ne rassasiez vos appétits gloutons que dans un pavé bien épais, regorgeant d’aventures, de suspens… bref, des romans romanesques ! Dans ce genre de livres, le destin peut se montrer facétieux : ainsi, on ne s’étonnera pas que celui que l’on croyait mort ressurgisse de nulle part ou qu’une humble bergère devienne marquise.  Pourquoi s’embarrasser des contraintes et de la médiocrité du réel quand on peut vivre de grandes choses ? 

Alexandre Dumas, Le comte de Monte-Cristo

On ne peut pas ne pas évoquer le chef d’œuvre du genre par le génie du genre, le roman que l’on ne peut lâcher et qui laisse un grand vide une fois achevé. Des Cent-jours à la fin de la Restauration, entre Marseille, Paris et une mystérieuse île de l’archipel toscan, le récit grandiose d’une vengeance qui se mange très très froide. On vibre, on frissonne, on pleure et on tombe d’amour pour le ténébreux Edmond Dantes. Si vous ne l’avez pas encore lu, on vous envie !

Editions Folio, 2020, 1264 pages, 12,90 euros

Wilkie Collins, Armadale, 1864

Le meilleur roman du génialissime Wilkie Collins dont Charles Dickens jalousait l’art du suspens.  Deux jeunes gens portant le même nom et le même prénom – Allan Armadale – sont liés par un meurtre sordide impliquant leurs aïeux. L’un le sait ; l’autre pas. Dans son testament, Armadale père a été clair : ces deux-là ne doivent jamais se rencontrer, sous peine des pires infamies… vingt ans plus tard, la rencontre se produit malgré tout et tandis que les jeunes gens se lient d’amitié, la tragédie se met en marche. Si le ressort romanesque de l’homonymie semble cousu de fil blanc, ne vous méprenez pas : Wilkie Collins tisse une toile machiavélique à la complexité inouïe. Au terme des 800 pages de ce pavé, on en redemande !

Traduit de l’anglais par Emma Alouard

Editions Phébus, 1996, 816 pages, 26,15 euros

Daniel Defoe, Lady Roxana, 1724

Tout le monde connait Robinson Crusoé, il n’en est pas de même pour son pendant féminin, Lady Roxana. Epouse d’un brasseur et mère de cinq enfants, elle se retrouve à l’âge de vingt-deux ans abandonnée et ruinée. Heureusement, elle dispose d’un capital non négligeable : son immense beauté qui suscite l’admiration de tous les hommes.  Mais Roxana n’est pas du genre romantique ; intrépide et calculatrice, elle utilise ses charmes pour gravir l’échelle sociale, amasse du capital et n’hésite pas à éliminer ceux qui lui barrent la route. Narré à la première personne par Roxana herself, un roman fascinant que l’on peut interpréter au choix comme la première critique du capitalisme ou encore comme un manifeste féministe avant l’heure. Une chose est sûre : sa modernité est telle que l’on peine à croire qu’il a été écrit au début du XVIIIème siècle.

Editions 10/18, 2019, 450 pages, 9,60 euros