Trois livres : pour « avoir lu la rentrée littéraire 2021 »

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Pour mieux écrire, il faut lire. C’est indispensable, nécessaire et salutaire. C’est pour cela que Graffigny propose régulièrement des conseils de lecture.

Dans cet article, trois recommandations de lecture, pour « avoir lu la rentrée littéraire 2021 ».

La définition du bonheur de Catherine Cusset

Ajoutez votre titre ici"

« Je voyais ma sœur sous les traits d’Arachné, la tisseuse rebelle qui avait tenu tête à Athéna pour exposer les harcèlements des dieux, Arachné qui avait préféré se pendre plutôt que de se laisser humilier, et qu’Athéna avait condamnée à rester pendue pour l’éternité (…). Elle avait patiemment, minutieusement tissé sa toile. Elle y avait capté la vie comme la toile d’araignée capte la lumière qui en révèle l’artistique tissage. J’entendais ma sœur, en Bretagne, me dire qu’elle ne détruirait jamais une toile d’araignée, qu’elle avait une trop grande admiration pour ce chef-d’œuvre où se prend la rosée. »

 

Embarquez dans un récit croisé où les histoires de Clarisse et d’Eve, deux femmes si différentes et si proches s’entremêlent avec talent. Mystère, aventures, quotidien familial, ce roman nous fait goûter en même temps au plaisir et au drame de la vie.

A offrir à vos amis qui aiment mettre des mots sur le quotidien, à votre sœur angoissée par l’avenir, à votre oncle qui questionne la vocation d’écrivain. 

Climax de Thomas B. Reverd

Climax de Thomas B. Reverdy

« La fin du monde, après tout, c’est aussi un temps de légendes et c’est déjà ça. En Arctique, le compte à rebours est lancé. La banquise, à l’automne 2020, a encore battu son record de recul. Les glaciers fondent. Les ours meurent. Ce n’est pas le crépuscule des dieux, c’est le nôtre. »

 

Un roman aux allures de rapport du GIEC, à la frontière avec l‘heroic fantasy. Un roman troublant, un peu déprimant, dans l’Arctique, qui parle de la fin du monde et de l’amour aussi. 

A offrir à vos amis conscients que nous dansons sur un volcan ou à votre frère qui veut écrire pour « faire bouger les lignes ». Parce que la fiction, ici, autorise l’espérance.

La fille qu’on appelle de Tanguy Viel

« Alors Franck silencieux avait déjà compris, déjà interprété le « par ailleurs » non comme une carte maîtresse que l’autre s’apprêtait à abattre sur la table, mais le simple rappel que leurs deux destins étaient assez liés pour qu’il ne puisse se désolidariser comme ça, à savoir : ce que tout le monde savait, à savoir, que le bureau de Bellec n’était rien d’autre qu’une succursale de la mairie, là où se prenaient des décisions plus importantes qu’au conseil municipal. »

 

Un roman cruel qui étale toutes les vicissitudes de la communication politique dans la touffeur d’une ville balnéaire de taille moyenne. Un père, un maire, une fille jeune et jolie, un boxeur-chauffeur, un directeur de casino : c’est presqu’un huit clôt, haleté et écœurant, dont on voudrait connaître vite le dénouement parce que c’est trop crédible pour être vraiment romanesque.

A offrir à vos amis qui se passionnent pour les jeux de pouvoir ou à vos proches qui s’interrogent sur le consentement dans une relation qui engage des personnes de conditions différentes.